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Tony Otuk jouant au tambour.  Arviat

Le Chamanisme et le cycle de vie : noms, âmes et esprits

Citation :
Mariano Aupilaarjuk
Si une personne était vraiment malade, cette personne portait peut-être un nom qui n’était pas approprié pour elle. Les angakkuit ne le savaient pas mais le tuurngaq découvrait que la personne ne devrait pas porter ce nom-là. C’est comme ça que ça se passait dans la région de Nattilik. On doit également être conscient du fait que les angakkuit pouvaient faire saka, pratiquer le chamanisme, de différentes manières. On confondait les qilaujjarniit, les chansons qu’on chantait avec l’accompagnement d’un tambour, avec les sakajjutiit, les chansons des angakkuit. Ces chansons-là ne servaient pas à faire saka. Dans la région de Nattilik, si on était un angakkuq et que notre tuurngaq, l’esprit assistant, venait et était tout près de nous, le son du tuurngaq sortait de nous. Ce n’était pas nous qui chantions. On utilisait la voix du tuurngaq. Dans d’autres régions ça se passait autrement. (Page 13)
Présentation :
Aupilaarjuk et Nutaraaluk nous parlent des atiit, les noms personnels, et des aqausit, les surnoms; ils discutent aussi du processus d’attribution du nom et de son importance pour l’individu. Deux individus qui partagent le même nom, des homonymes, ont une relation particulière. Les noms sont donnés dans le but de prévenir la malchance. Pour guérir un enfant malade, l’angakkuq, le chaman, pouvait changer le nom de l’enfant. Tout comme ses esprits protecteurs, les tuurngait, peuvent aider le chaman, de même le nom d’un individu est une source de force et de pouvoir. De la même façon que les noms et les surnoms sont passés de génération en génération, les bonnes et les mauvaises actions de ceux qui les ont portés le sont aussi. Les angakkuit femmes sont dites plus puissantes que les angakkuit hommes, selon Aupilaarjuk. Dans certains cas, le mari et la femme étaient tous deux angakkuit. Le pouvoir d’un angakkuq qui a utilisé son esprit à des fins maléfiques peut persister durant de longues années. Un individu peut être destiné à « revenir à la maison », ou angirraq – si une personne meurt avant son temps, elle peut revenir. « Avant l’arrivée du christianisme, » dit Aupilaarjuk, « les Inuit savaient qu’il y avait un endroit très clair où les gens allaient, lorsqu’ils mourraient. »