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Chapitre 1

Citation :
Jose Angutinngurniq
« Dans l’ancien temps, si j’étais malade de la poitrine, j’offrais quelque chose à l’angakkuq. L’angakkuq voyait ensuite la cause du problème et me guérissait en fonction de celle-ci. S’il s’agissait de quelque chose que j’avais tu, je devais le révéler. Si j’avais commis des fautes que je n’avais pas avouées et que celles-ci demeuraient en moi, elles pouvaient me rendre malade. […] Si j’avais en dedans de moi un secret que je n’avais jamais révélé parce que j’en avais trop honte, et que cela me rendait malade, l’angakkuq pouvait le voir. Si je refusais de le révéler, si je m’y accrochais, je demeurais malade. S’il s’agissait de quelque chose que j’avais pris ou si j’avais causé du tort à autrui, j’aurais beaucoup de mal à le nier après que l’angakkuq l’ait révélé. Certains angakkuit utilisaient leurs pouvoirs pour tuer, mais ce n’était pas le cas de tous. Certains utilisaient leurs pouvoirs pour guérir. Je crois sincèrement que, par le passé, les angakkuit pouvaient voir les torts des gens. »
Présentation :
Le premier chapitre couvre les premiers jours de l’atelier. Tour à tour se présentent les huit anciens qui y participent.
Chacun énumère les noms des membres de sa famille, puis explique la nature et l’étendue de son contact avec l’angakkuuniq (ou chamanisme), partageant quelques expériences au passage. On découvre que tous les anciens connaissent l’existence de l’angakkuuniq et se souviennent avoir vu des angakkuit (ou chamanes) à l’œuvre. Luke Nuliajuk raconte une scène de guérison où l’angakkuq a dû ramener de force le tarniq (l’âme) du malade dans l’igloo de celui-ci. Felix Pisuk explique qu’il a dû avouer avoir maltraité un oiseau pour que l’angakkuq puisse le guérir d’une maladie grave. Levi Iluittuq narre un voyage nocturne en motoneige volante, tentative de tuurngait (esprits) qui souhaitaient en faire un angakkuq. Ollie Itinnuaq raconte comment l’angakkuq Nagjuk a mis fin à une maladie mortelle qui décimait la population d’Igluligaarjuk en acceptant d’en mourir lui-même. À ces quatre expériences directes avec l’angakkuuniq s’ajoutent des expériences reliées à la mort. Peter Suvaksiuq et Mariano Aupilaarjuk racontent une expérience de voyage hors du corps après un accident grave. Pujuat Tapaqti révèle une vision céleste, aperçue une nuit d’agonie.