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Chapitre 10

Citation :
Emile Imaruittuq

Oui, on racontait des légendes pour éviter les accidents. Par exemple, à Amitturmiut, nous avons toujours chassé sur les glaces flottantes. On va jusqu’au bord de la banquise et on chasse le morse sur les glaces flottantes, en hiver. Toutes les légendes sont utiles parce que ces connaissances sur ce que nous devons faire quand on chasse sont transmises de génération en génération, et grâce à elles les gens sont au courant des dangers qui existent. (Page 204)
Présentation :
Unikkaat et unikkaaqtuat
Les unikkaat sont des légendes d’origine récente, alors que les unikkaaqtuat
sont des légendes racontées et transmises de génération en génération.
Ces légendes présentent des idées et des valeurs qui font partie
intégrante de la culture inuit.

Susan Enuaraq écrit, dans son essai : « L’utilisation des unikkaat, des unikkaaqtuat et des pisiit, des chansons, vient du passé, continue au présent et continuera à l’avenir. » Les légendes, racontées
maintes et maintes fois et transmises de génération en génération foisonnent
dans la culture inuit. Certaines sont très vieilles mais elles ne restent jamais
tout à fait les mêmes car elles sont toujours adaptées à un contexte particulier.

Habituellement, les aînés faisaient des commentaires à propos de ces légendes
et étaient toujours prêts à en expliquer le sens. En ce qui concerne la légende
célèbre de Kaugjagjuk, Imaruittuq explique : « Je pense que la morale de cette
histoire, c’est qu’il faut toujours aimer les orphelins. On montrait aux gens
qu’il ne fallait pas maltraiter les orphelins et profiter d’eux. Il faut traiter tout
le monde avec respect. » Dans son essai, Susan Enuaraq déclare, à propos des
légendes : «Il y a des gens qui disent que les Inuit n’avaient pas de système
juridique, mais moi, je pense que les Inuit avaient leur manière à eux
d’empêcher les gens d’accomplir de mauvaises actions, et les unikkaaqtuat
avaient un grand rôle à jouer. » Comme l’a dit Imaruittuq : « Elles nous
faisaient réfléchir, tous autant que nous sommes, elles nous faisaient
grandement réfléchir. »