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Chapitre 2

Citation :
Ollie Itinnuaq
« Moi aussi, j’ai observé ce rituel. On utilisait le qilaniq pour aider les malades. On posait des questions. Si la réponse était négative, la tête était facile à soulever. Si la tête devenait lourde, la réponse était positive. Il s’agit de la tête de la personne qui était qilajaujuq, le qilajaq. Lorsque la tête est lourde, elle est très difficile à soulever. Suvaksiuq a mentionné que, parfois, mêmuque deux personnes sont incapables de soulever l’objet qui sert de qilajaujuq. Lorsque ce dernier devient mangiqtuq, il est carrément impossible de le soulever. Plus tôt, nous avons parlé du qaumaniq. Lorsqu’un tuurngaq s’approche du qillati utilisé, ce dernier devient lourd ou léger. C’est ce qu’on nous disait. Les tuurngait ne sont pas comme les gens. Ils sont facilement dégoûtés. Par conséquent, celui qui se préparait à qila devait être à l’affût des tuurngait, parce que ceux-ci ne s’approchent pas de vous si vous n’êtes pas fin prêt. Même si on possède la faculté de qilajuq, on est voué à l’échec si on n’est pas fin prêt. »
Présentation :
Les anciens ayant tour à tour raconté leurs expériences et exprimé leur point de vue sur l’angakkuuniq, les animateurs de l’atelier ramènent maintenant la discussion sur l’utilité de l’angakkuuniq et des vieilles traditions et le lien entre ceux-ci et les problèmes sociaux actuels qui affligent particulièrement les jeunes. Dans ce chapitre, les animateurs amènent donc les anciens à discuter de divers aspects de l’angakkuuniq. Même si aucun d’entre eux n’est angakkuq, les anciens ont tous vu des angakkuit pratiquer divers rites et ce sont ces souvenirs qu’ils partagent ici.

La discussion porte d’abord sur l’initiation chamaniste. On apprend que quelques anciens ont failli devenir angakkuq dans leur jeunesse, volontairement ou non. On aborde ensuite le sujet du qaumaniq, l’énergie vitale, lumineuse ou sombre, que les angakkuit voient comme une aura autour des gens. Les connaissances et perceptions varient à ce sujet, contrairement à la notion de tarniq, qui fait consensus. Du qaumaniq, on passe ensuite au qilaniq, le rituel de guérison par lequel l’angakkuq interrogeait les esprits pour découvrir la raison du mal qui frappait le malade.

On aborde ensuite plus brièvement quelques autres sujets : les œufs de la terre, ces œufs à demi enfouis dans le sol et auxquels on attribue un pouvoir spécial; les méthodes de guérison autres que le qilaniq, en usage avant l’arrivée des services médicaux, dont les irinaliutit (incantations) et le sakaniq, rituel par lequel le tuurngaq (l’esprit-aide) de l’angakkuq prend possession de son corps; les manières dont les angakkuit pouvaient attirer le gibier lorsque celui-ci se faisait rare; l’importance des rêves; et, enfin, le rôle des aarnguat (amulettes).