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Photo trois enfants inuit couleur

Photo Famille à Pond Inlet

Chapitre 2

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Quand nous étions toutes petites, on nous disait de sortir à l’extérieur dès le réveil pour avoir un accouchement facile. C’est vrai. Je suis toujours sortie rapidement. Nous ne devions pas rester assises ou nous tenir dans l’entrée. On nous racontait que si nous demeurions dans l’entrée, la tête du bébé resterait coincée. À l’hôpital, le travail est beaucoup plus long qu’il ne l’était lorsque nous procédions à notre manière. Quand nous nous en occupions, l’accouchement se terminait beaucoup plus rapidement. Aujourd’hui, nous semblons être très prudents envers tout ce qui concerne la grossesse, mais autrefois, nous ne pensions pas que cela puisse faire peur. Nous n’avions pas à nous en faire. Il y avait peut-être toutes sortes de complications possibles, mais nous n’y pensions jamais. Je pense que c’est parce que nous bougions tout le temps. (Page 33-34)
Présentation :
Du moment de sa conception dans le ventre de sa mère jusqu’à sa naissance, le bébé entend, voit et ressent tout ce qui se passe. Tout ce qui affecte la vie de sa mère a un impact direct sur lui. Le temps de la grossesse n’échappe pas au pittailiniq; plusieurs tabous sont expliqués par les deux aînées. Naqi nous confie à ce sujet que : « vos lacets de Kamiik ne devaient pas être top longs, sinon le cordon ombilical pouvait s’enrouler autour du cou du bébé. » (Page 35) Non seulement la mère devait observer cette règle, mais également le père puisque son comportement avait aussi une incidence sur le fœtus.

Il est étonnant de remarquer à quel point le comportement émotionnel, relationnel, ou alimentaire de la mère durant la grossesse influençait directement la vie de l’enfant. « Les femmes enceintes ne devaient pas rester assises longtemps. Si elles le faisaient, le cou du bébé serait très court. » (Page 36), ou encore « Nous devons être très prévenant et éviter de stresser une femme enceinte, car cela affecte réellement le bébé.» (Page 33).

L’alimentation a aussi un lien direct avec le fœtus : « Si vous mangez des rognons de caribou, vous aurez de beaux bébés.» (Page 36).

En fin de chapitre, Uqsuralik raconte : « Nous devions suivre certaines règles. […] le bébé sait exactement ce qui se passe. Mais il n’y en a que très peu qui s’en souviennent ensuite. » (Page 36).