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Parc national d'assuituq. Environs de Broughton Isalnd.

Fonte de la banquise dans les environs de Broughton Isalnd.

Chapitre 3

Citation :
Mariano Aupilaarjuk
« Je ne crois pas qu’aucun d’entre nous ne réfléchisse à cette question pour la première fois. Cela fait plusieurs fois que je réfléchis au qilaniq. Je sais que son utilisation variait d’un endroit à l’autre et qu’il y a des gens qui y réussissent mieux que d’autres. Il en a toujours été ainsi. Mais on finirait par connaître le nom de ceux qui possèdent vraiment cette faculté et les gens se tourneraient vers eux, parce qu’ils utiliseraient leur talent pour aider autrui. Nous faisons beaucoup d’enseignement. Nous enseignons aux jeunes les traditions de l’ancien temps. Ils nous écoutent et ils nous croient probablement, mais ils n’ont jamais vécu ce dont nous leur parlons. Je suis certain qu’il y a encore des gens qui possèdent ces pouvoirs. Les gens qui se retrouvent dans le système judiciaire gagneraient beaucoup à être aidés par des Inuits. Leurs problèmes se retrouveraient plus sur la place publique. »
Présentation :
Si l’angakkuuniq aidait grandement les Inuits à survivre dans un contexte où les services publics étaient inexistants, il comportait aussi certaines pratiques nocives ou dangereuses, qui lui valent d’ailleurs l’aura de crainte qui l’entoure. Les anciens considèrent que les jeunes doivent prendre conscience des dangers de l’angakkuuniq et c’est pourquoi ils abordent particulièrement la question de l’illisiiqsiniq, la pratique consistant à jeter des mauvais sorts à ses ennemis. Ils discutent également des tupilait, les esprits maléfiques, et des ijirait, êtres qui se montrent sous la forme de caribous.

Dans ce chapitre, les anciens s’appliquent également à transmettre des connaissances plus spécifiques. D’abord, ils acceptent d’accomplir le rituel du qilaniq, en se servant d’Iluittuq comme sujet, à la demande de ce dernier. Le chapitre révèle peu de détails sur la séance même, mais les discussions qui s’ensuivent sont particulièrement animées. On se penche ensuite plus avant sur les irinaliutit (ou incantations). Quelques anciens récitent des exemples, en omettant des bouts pour ne pas en déclencher la puissance. Puis on tente de recenser les termes chamaniques dont les anciens se souviennent. Les chamanes utilisaient une langue particulière, décrite comme la langue des tuurngait. Les anciens proposent aussi quelques bribes de pisiit ou chansons traditionnelles.

Le chapitre se termine sur l’évocation des habiletés particulières des angakkuit : dons de vision et de guérison, ilimmaqtuqtuq (déplacement dans les airs en tant qu’esprit), pouvoir de déplacer les glaces, pouvoir de transporter des gens sur la Lune pour qu’ils y rencontrent des défunts.