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Kila tatouée

Chapitre 3

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Il arrivait que d’autres personnes se présentent pour donner un coup de main. Vous ne remarquiez pas de qui il s’agissait. Elles n’hésitaient pas à donner leur avis à la parturiente sur la façon d’accoucher. Beaucoup de ces conseils étaient bons. La première à toucher le bébé devenait la sanaji. Elle avait certaines choses à faire. La sanaji faisait don de qualités à l’enfant, de façon à ce qu’il devienne un excellent chasseur s’il s’agissait d’un garçon, ou une excellente couturière dans le cas d’une fillette. On disait ces choses pour s’assurer que l’enfant devienne très adroit. (Page 44)
Présentation :
N’ayant pas de médecin, on avait recours à la sage-femme (sanaji) pour assister la femme dans son travail. Naqi fait remarquer que « La première à toucher le bébé devenait la sanaji. » (Page 44) Le rôle de ce premier toucher est très important. Il puise son explication dans le sipijuq. En effet, il arrive parfois que le bébé change de sexe juste après la naissance et le fait de toucher le sexe du bébé interrompt ce processus. « Parfois, nous voyions un petit pénis et il arrivait qu’il se transforme en vagin. » (Page 46).

Le rôle de la sage-femme (sanaji) ne s’arrête pas là. C’est à elle que revient la tâche de dire « au bébé les qualités qu’on voudrait qu’il ait quand il grandira » (page 41) et c’est souvent la sanaji qui décide du nom du bébé, la mère n’ayant pas vraiment son mot à dire.

Des liens communautaires sont tissés avec l’enfant dès sa naissance. En effet, toute la communauté, grands et petits, défile devant le nouveau-né pour lui serrer la main et lui souhaiter la bienvenue.