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Photo Femme Inuit sécurisant son enfant à l’intérieur de sa capuche

Chapitre 5

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Quand l’enfant grandit, certains ressemblent à la personne d’après qui ils ont été nommés. Des filles ont tendance à être garçonnières, et ce dès un très jeune âge. Nous pensons qu’elles suivent leur nom. La fille est habillée en garçon. Ce n’est que pour une courte période de temps qu’elles sont élevées comme ça. Certaines filles veulent rester comme ça même quand elles sont plus âgées, alors que d’autres ne veulent être comme ça que pour un temps. Quand un garçon porte un nom de femme, on tresse ses cheveux à cause de son nom. On l’élève ainsi pour faire preuve d’affection à l’égard de la personne d’après qui il a été nommé. C’est pourquoi on pratique ces choses. Pendant un certain temps, il a l’air d’une fille. Vous ne devez agir comme ça que pendant une courte période. Il faut cesser quand il atteint la puberté ; sinon, si on n’arrête pas assez tôt, le garçon conservera certaines habitudes féminines. Il ne se considérera pas comme un vrai homme. (Page 83)
Présentation :
À l’époque des angakkuit (chamans), les gens pouvaient façonner l’avenir de leurs enfants. Par exemple, un angakkuq prenait sur ses genoux un bébé masculin pour simuler une chasse au béluga, en faisant imiter au bras du bébé le mouvement du harpon, ou en imitant le mouvement de la pagaye. Cette mise en scène était destinée à faire du bébé un futur bon chasseur. Les filles étaient exclues de cette pratique, à moins bien entendu de porter le nom d’un chasseur. « Autrefois, si une fille portait le nom d’un chasseur, vous la traitiez comme un chasseur. Elle mettait des vêtements d’homme et s’adonnait à des activités masculines. » (Page 83).

Il n’était pas rare pour une fille de porter un nom masculin ou l’inverse. Ainsi, pour une période de sa vie, la jeune fille était élevée et traitée comme un garçon. Mais il fallait toutefois veiller à arrêter ce comportement avant que celle-ci (ou le garçon) s’aperçoive de son véritable sexe. Sinon, il aurait pu s’en suivre des séquelles psychologiques importantes.

L’aînée des enfants avait également sa place dans l’éducation des plus petits. Elle pouvait disputer et réprimander ses frères et sœurs plus jeunes sur leur comportement. Et contrairement à aujourd’hui, les enfants se chicanaient rarement entre eux puisqu’ils ne pouvaient compter que sur leurs jeux communs comme moyen de distraction.