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Photo Jeune femme Inuit portant un bébé dans sa capuche amauti

Chapitre 6

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Parfois, on nous invitait à venir manger de la viande bouillie. Le même morceau de viande circulait d’un convive à l’autre. On disait à la première personne qui prenait la viande de s’en couper une part, puis de passer le morceau aux autres. La viande circulait dans le même sens que la trajectoire du soleil. Vous pensiez parfois : « J’espère que quand ce sera mon tour j’aurai l’os, de façon à pouvoir kikka-quer, gruger les morceaux de viande rattachés à l’os. » Vous deviez faire circuler le morceau tant qu’il y avait de la viande. On faisait aussi circuler la marmite avec le bouillon. De cette façon, il y en avait pour tout le monde. Les enfants mangeaient séparément. On leur coupait la viande à l’avance pour qu’ils puissent en avoir eux aussi. Chaque fois que les gens se rassemblaient dans un iglu pour manger,
Présentation :
Selon le témoignage des aînées, certaines parties du phoque étaient réservées aux femmes. « Dans la région de Kinngait, les parties réservées aux femmes étaient les épaules, la section antérieure de la cage thoracique, le cœur et le bas de la colonne vertébrale. » (Page 93). Alors que les longues côtes étaient mises de côté pour les enfants.

Il arrivait parfois, comme aujourd’hui d’ailleurs, qu’un enfant ne veuille pas manger. La règle à suivre était bien simple; ne rien forcer. « J’ai moi-même beaucoup d’enfants et de petits-enfants. Certains mangent beaucoup, d’autres peu. Mais je ne les force pas. Je leur donne simplement la portion qu’ils désirent. » (Page 100). En ne forçant rien, comme le propose les aînées dans leurs témoignages, l’enfant finira par manger normalement avec le temps.

De l’avis des aînées, la grippe serait un phénomène nouveau dans les communautés de l’Arctique. Avant l’arrivé régulière des bateaux de ravitaillement, les Inuit étaient rarement malades. Que l’on parle de jaunisse, de grippe, de rhume, ou de rougeole, les aînées soutiennent que ces maladies étaient absentes au Nord. En effet, les anciens étaient très peu malades. Mais « Quand les gens, rarement malades, attrapent une maladie, ils en meurent généralement. » (Page 98)