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Photo Deux garçons Inuit 1951

Chapitre 7

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Autrefois, l’adoption faisait toujours partie de notre vie. Certains couples étaient incapables d’avoir leurs propres enfants. Dans ce temps-là, il n’y avait pas beaucoup d’enfants. De nos jours, il y a beaucoup plus d’enfants que c’était alors le cas. Autrefois, l’adoption constituait l’un des meilleurs moyens pour avoir un enfant. On nourrissait le bébé au bouche-à-bouche avec du bouillon de phoque, parce que nous n’avions pas de biberons. Mon père, qui avait été adopté, a été nourri de cette façon. Nos ancêtres ont fait preuve d’une très grande habileté en trouvant le moyen de nourrir les enfants adoptés. Nous appelions les tétines uviuraq. (Page 104)
Présentation :
Dans le chapitre sur les cas particuliers, les aînées nous parlent principalement de l’adoption et de cas d’orphelins. Sans formalités légales, l’adoption, par le passé, se pratiquait couramment. Soit qu’on faisait la demande au couple qui attendait le bébé, soit qu’un couple exprimait son désir de donner l’enfant en adoption. Dans un cas comme dans l’autre, l’adoption permettait aux couples incapables d’avoir des enfants de vivre cette réalité de la vie. Les personnes âgées avaient aussi le droit d’adoption. « […] l’adoption faisait toujours partie de notre vie. » (Page 104).

Le groupe se devait de prendre en charge les orphelins, les traiter avec soin et leur prodiguer de bons conseils. Toutefois, le fait d’être orphelin n’entravait en rien le développement social de l’enfant puisque les hommes du campement lui apprenaient tout ce dont il devait savoir pour devenir un bon chasseur (dans le cas d’un garçon). Mais bien qu’il fût recommandé de bien traiter les enfants, certains ont tout de même été maltraités. « Les mauvais traitement ne sont pas seulement physiques. Ils peuvent aussi être mentaux. Quand un enfant est maltraité mentalement, il développe un haut niveau de stress. Cela a tendance à empirer, car personne n’est là pour l’aider. » (Page 108) Au besoin, la communauté pouvait se mobiliser pour retirer les enfants à ses parents adoptifs et les confier à une autre famille pour un certain temps. Ceci pouvait aussi se produire dans le cas d’enfants naturels.