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Photo Femmes Kenipitu habillées

Chapitre 9

Citation :
Uqsuralik Ottokie
Quand j’étais petite, nous jouions à différents jeux dans l’iglu, y compris à la poupée. Nous demandions à d’autres fillettes de venir et nous jouions à la poupée pendant des heures. Nous allions jouer tour à tour dans différents igluit. Nous avions l’habitude de jouer le soir. Nous jouions parfois à la poupée dehors, dans un endroit abrité. Pendant l’été, nous aimions bien jouer avec des poupées de bois. Parfois, nos poupées étaient faites d’ivoire, mais le plus souvent elles étaient en bois. Nous jouions beaucoup avec ces poupées. Une fois, une petite poupée était à l’article de la mort et nous étions en deuil, et tout semblait si réel. Ma poupée était mon enfant adoptif. Elle est morte et nous lui avons fait des funérailles. Après, nous avons eu peur. Nous avions vraiment peur d’une petite poupée, de sa tombe en particulier, et nous ne voulions même plus aller là où elle était enterrée. Nous avions fait semblant d’enterrer la petite poupée. Nous avions si peur que nous ne pouvions plus aller là-bas. Nous avons joué une seule fois comme ça. C’était bête. (Pages 122-123)
Présentation :
L’éducation de l’enfant ne pourrait certainement pas se faire sans l’apport du jeu. Dans ce chapitre, on apprend que les garçons pouvaient s’adonner à des jeux de filles, même si certains prétendaient que ceux-ci finiraient par avoir des yeux croches. Comme partout, les jeunes filles adoraient jouer à la poupée, « Nous jouions parfois à la poupée dehors, dans un endroit abrité. Pendant l’été, nous aimions bien jouer avec des poupées de bois. » (Page 122) Mais beaucoup de jeux étaient orientés vers le développement de l’enfant et des qualités nécessaires à sa survie une fois adulte. Comme par exemple, avec les yeux fermés, les enfants essayaient de nommer les objets qui se trouvaient dans l’iglu, ils s’amusaient à écouter l’arrivée des traîneaux, ou encore toujours avec les yeux fermés, ils essayaient de trouver la sortie de l’iglu.

Et quand le soir arrivait, les parents en profitaient pour instruire l’enfant en lui racontant des histoires. « Les enfants se calment quand vous leur racontez une histoire. La majorité des histoires qu’on nous a racontées étaient vraies et elles peuvent vraiment profiter aux enfants. » (Page 126)

Ce chapitre présente donc trois aspects du jeu : le jeu où l’enfant joue pour se distraire, le jeu où l’enfant mime l’adulte pour être plus tard à même de reproduire son comportement et enfin le jeu où l’adulte éduque l’enfant en racontant des histoires sur les coutumes des Inuit et les dangers qui les menacent.