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Le chemin cahoteux vers la reconnaissance des droits ancestraux au Canada

Citation :
John Amagoalik

L’établissement d’institutions politiques pour notre peuple nous intéressait énormément. Nous parlions déjà d’autonomie gouvernementale. Le gouvernement du Canada n’avait pas vraiment de politique en matière de revendications territoriales à l’époque. C’était une nouveauté pour lui également. Il tentait d’établir une politique fédérale sur les revendications territoriales, et il éprouvait des difficultés parce qu’il n’avait jamais eu à traiter de questions telles que les droits extracôtiers des peuples autochtones, les redevances du développement économique, les organismes de revendications territoriales qui ont de véritables pouvoirs juridiques, etc. Il n’avait jamais traité ce genre de questions auparavant. Donc, il était également dans le noir et il avançait à tâtons relativement à cette politique.
Présentation :
Dans le chapitre cinq, John raconte l’histoire des deux premières propositions de règlement sur les revendications territoriales, dans les années 1970. Il évoque la politique d’assimilation du gouvernement du Canada et le fameux Livre blanc de 1969. Il nous parle du programme très chargé de l’Inuit Tapirisat du Canada (ITC) de l’époque et des questions dont il s’occupait : la santé et le logement, les lois sur le gibier ainsi que les lois et règlements du gouvernement. Il nous explique le rôle de l’organisme.

Au début des négociations, les négociateurs inuit n’avaient qu’une seule référence, l’Alaska Native Claims Settlement de 1971, et le gouvernement n’avait pas de politique en matière de revendications territoriales. En outre, ce dernier ne comprenait pas bien l’existence des droits ancestraux. John évoque l’importance des décisions juridiques dans la volonté du gouvernement d’entreprendre les pourparlers. Il nous parle de ses déplacements afin d’expliquer les revendications autochtones tant aux Canadiens du Sud qu’aux Inuit eux-mêmes, notamment le concept qallunaaq de possession de la terre. Il parle de l’extinction des droits ancestraux, le principal enjeu de l’époque, et de l’insistance du gouvernement sur cette question. Il expose les premières réactions du gouvernement du Canada aux revendications et la réponse de l’ITC. Il nous présente les différents représentants inuit qui ont pris part aux négociations. Il nous parle de l’importance que les Inuit du Nunavut accordaient à l’autonomie gouvernementale et à la protection de la langue et de la culture. Il conclut en mentionnant que cette lutte lui a permis de bien connaître les chefs des Premières Nations et de comprendre qu’ils vivaient des situations semblables à bien des égards.