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Caribous dans la vallée de la rivière Koroc, dans les Monts Torngat.

Sur les rives de la baie d'Ungava, au sud de Killiniq.

CRIANT BESOIN DE GIBIER

Citation :
Mittuk Nowdluk

"Les hommes qui travaillaient à temps plein n’étaient pas en mesure d’aller chasser le gibier. Nous ne manquions pas de nourriture, mais parfois, nous avions un besoin impérieux de gibier."
Présentation :
Dans le chapitre XI, les aînés nous parlent de la façon dont leur vie a changé après l’arrivée des Américains et de l’accès au gibier par les familles des travailleurs.

Oolooriaq Ineak raconte que les Américains étaient très généreux et donnaient beaucoup de nourriture, ce que confirme Kanaju Ipeelie. Elle mentionne que les Inuits n’avaient jamais faim, mais que les hommes tentaient de chasser le plus possible pour nourrir les chiens.

Shorty Shoo indique qu’il était difficile d’aller à la chasse à cette époque, car les hommes n’avaient pas de congé. Cependant, les hommes ont recommencé à chasser après l’achèvement des constructions.

Selon Pallu Nowdlak, il était préférable de vivre à Iqaluit plutôt que dans les camps, car la Compagnie de la Baie d’Hudson ne donnait rien, et que les Inuits obtenaient les choses gratuitement des Américains.

Jayko Pitseolak parle des endroits où elle a habité et de son déménagement à Iqaluit, pour passer du temps avec sa famille. Elle indique que les seules différences entre les gens étaient les dialectes et les vêtements. Elle compare la vie à Kinngait et à Iqaluit, où les gens ne semblaient pas avoir de chiens.

Kanaju Ipeelie, Jimmy et Martha Kilabuk ainsi que Mittuk Nowdluk racontent que, lorsque les hommes ont commencé à travailler pour les Américains, les Inuits n’avaient plus de gibier, et que cette situation était difficile pour eux : ils mangeaient de la nourriture de qallunaat, mais ils manquaient terriblement de gibier. Cependant, d’autres personnes qui vivaient encore dans des camps leur en fournissaient lorsqu’elles venaient à Iqaluit.

Mary Peter indique que les véritables chasseurs, ceux qui ne comptaient que sur la chasse, ne voulaient pas vivre à Iqaluit parmi les qallunaat.

Saami Qaumagiaq parle de la vie des femmes à l’époque. Elle n’accuse pas vraiment les Américains pour le manque de gibier, mais mentionne que, après que le gouvernement eut interdit les chiens, les Inuits étaient affamés, car les hommes n’étaient pas en mesure d’aller à la chasse pendant l’hiver.