Accueil > La création du Nunavut > Regards inuit sur le pays canadien > Déménagement à Resolute Bay

Femme Inuit accordéon

Déménagement à Resolute Bay

Citation :
John Amagoalik

Les agents de la GRC décrivaient ce nouvel endroit en termes très élogieux. Ils ont dit à mes parents qu’il y aurait beaucoup plus d’animaux, que nous aurions l’occasion d’attraper beaucoup de renards et de phoques ainsi que de gagner de l’argent. Ils nous ont même dit qu’il y aurait des possibilités d’emploi si nous le désirions. Malgré lui, mon père a finalement accepté la proposition de déménagement, mais à deux conditions : que nous puissions retourner à Inukjuak si nous n’aimions pas le nouvel endroit, et que tout le groupe reste ensemble, que nous ne soyons pas séparés. Les agents de la GRC ont accepté ces conditions sans hésitation et nous ont promis que nous pourrions revenir après deux ans si nous n’aimions pas le nouvel endroit, et que nous resterions tous ensemble. Dans ces conditions, mes parents ont donc accepté à contrecœur le déménagement.
Présentation :
Dans le premier chapitre, John Amagoalik évoque les souvenirs de son enfance dans des campements saisonniers. S’il lui reste que peu de souvenirs, il se rappelle clairement la proposition des agents de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) de re-localiser sa famille d’Inukjuak à Resolute Bay. Il nous parle des multiples refus de ses parents, puis de leur acceptation, en remettant la situation dans le contexte des relations entre les policiers et les Inuit à l’époque. John nous raconte le voyage en bateau vers l’Extrême-Arctique et nous parle des différentes escales. Puis, il revient sur la séparation des familles, malgré la promesse qui avait été faite, et des réactions des hommes, des femmes et même des chiens à cette nouvelle. Il évoque les difficiles conditions de vie dans l’Extrême-Arctique et la façon dont sa famille a réussi à survivre au cours des premiers hivers, malgré le fait que les agents de la GRC les avaient laissés sans nourriture, pensant que les Inuit pouvaient s’adapter n’importe où dans l’Arctique. En outre, il compare la vie au Nouveau-Québec et celle à Resolute Bay. Il raconte également les difficultés auxquelles sa communauté a été confrontée dans les années 1960 : la tuberculose, l’alcool, la violence. Puis, il nous parle du dépotoir de la base des Forces aériennes, où les gens trouvaient du bois pour construire des maisons, de la nourriture, des vêtements et, articles qui seront très importants pour John, des revues et des bandes dessinées.