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fonte de la banquise ds les environs de  Broughton Isalnd.

L’histoire de Salome Ka&&ak Qalasiq

Citation :
Salome Ka&&ak Qalasiq
Je sais que mon père a transmis quelques-uns de ses pouvoirs à mon frère aîné. Il l’aimait beaucoup, même s’il n’était pas son fils biologique. Il porte le nom de son père Itinnuaq. Mon père ne m’a donné aucun de ses pouvoirs parce que je ne croyais pas en lui. Il me disait que j’apprendrais certaines choses à travers mes rêves. Quand je rêverais à quelque chose, cela se réaliserait. C’est ce que mon père m’a dit.
Présentation :
Née près d’Igluligaarjuk en janvier 1931, Ka&&ak est la fille de l’angakkuq Anaqqaaq. Sa mère s’appelait Qakuqtinniq. Elle a été élevée « en garçon », c’est-à-dire qu’elle n’était pas confinée au foyer; elle avait le droit de trapper et de chasser, chose qu’elle adorait faire, d’ailleurs. Elle a arrêté de pratiquer la chasse seulement après la naissance de son premier enfant.

Le père de Ka&&ak était angakkuq, chaman, mais elle n’a pas cru aux pouvoirs de celui-ci pendant sa jeunesse. Pourtant, elle était consciente de certaines choses et a vécu quelques aventures, dont elle nous fait part. Bombardée de questions par les étudiants, Ka&&ak livre plusieurs détails à propos des angakkuit, de leurs pouvoirs, de leur rôle social, de leurs coutumes et des interdits qu’ils devaient respecter. Elle raconte aussi que le grand-père de son mari, l’angakkuk Qimuksiraaq, savait voler et que la femme de celui-ci était elle-même quelque peu angakkuq. Elle-même n’a pas hérité des pouvoirs de son père, car elle n’y croyait pas, mais celui-ci lui a donné le don d’avoir des rêves prémonitoires. Elle a d’ailleurs été avertie en rêve de la mort accidentelle de son fils Charlie. Ce n’est qu’une fois mariée que Ka&&ak se mit à croire en son père; celui-ci lui fit la démonstration de ses pouvoirs en faisant apparaître un insecte devant elle et en lui montrant l’un de ses tuurngait, ses esprits adjuvants.

Ka&&ak a eu 13 enfants (certains sont morts en bas âge) qui lui ont fait huit petits-enfants. Il n’est donc pas surprenant que la famille occupe une place importante dans ce chapitre. Les étudiants questionnent surtout Ka&&ak sur l’origine des noms de ses enfants, en lien avec la tradition voulant que l’on fasse porter à l’enfant le nom du défunt qui le réclame. Elle raconte aussi la dure période qui a suivi la mort accidentelle de son fils, ainsi que la mort de son mari. Elle tire d’ailleurs une leçon de ces deuils difficiles : « On peut ruiner sa santé à trop penser à quelque chose ou à tout garder en dedans. »