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Leaders, aînés et chamans

Citation :
Lucasie Nutaraaluk
À l’école, les enfants étudient et parlent en anglais et on leur apprend à poser des questions. Ils connaissent quelques petites choses sur le mode de vie des qallunaat et quelques petites choses sur le mode de vie des Inuit, et ils sont pris entre les deux. Ils appellent leurs parents par leur nom. Ça me fait mal d’entendre ça parce que ça fait disparaître le rôle du père et de la mère. Même les bambins qui apprennent à parler appellent leurs parents par leur nom. Les gens n’utilisent plus les mots appropriés qui indiquent les rapports familiaux. Ils appellent leurs proches par leur nom. Cela a tendance à annihiler les sentiments liés aux rapports familiaux. De notre temps, on appelait les gens en employant les mots qui indiquent les rapports familiaux, pour éviter de les appeler par leur nom. Par exemple, lui [Imaruittuq], il est mon ilinniaqtitsijiuqati, mon collègue en enseignement.
Présentation :
Les leaders, les aînés et les chamans ont joué un rôle important pour
préserver la paix et régler les conflits dans les campements. Les aînés
jouissaient d’une grande autorité. Comme Kim Kangok l’a expliqué sans
son essai : « Les innatuqat, les aînés, avaient la réputation d’avoir un esprit
puissant, si puissant qu’ils étaient capables de modifier l’avenir des gens, pour
le meilleur ou pour le pire. » Quand ils estimaient que quelqu’un ne s’était pas
comporté comme il fallait, ils parlaient à cette personne et lui donnaient des
conseils, et leurs paroles avaient beaucoup de poids. Les angakkuit étaient
particulièrement importants en cas de maladie ou quand les rapports avec le
gibier étaient mauvais.

Dans son essai, Aaju Peter a écrit : « L’angakkuq n’était
pas là pour juger les gens ni pour établir la loi. Son rôle était de découvrir qui
avait enfreint les tirigusuusiit et de leur faire avouer leur faute. Il avait
également beaucoup de pouvoirs puisqu’il pouvait tuer les gens avec son
tuurngaq. » Finalement, les leaders des campements jouissaient d’une grande
autorité. Selon Aaju : « Ces grands angajuqqaat, qui avaient acquis leur statut
grâce à leurs grandes aptitudes en tant que chasseurs ou par un mélange
d’aptitudes et de droits de naissance, avaient de grands pouvoirs. Dans un
monde où l’on dépendait exclusivement du gibier, la survie était entre les
mains de ceux qui apportaient la nourriture. » Toutefois, si les leaders des
campements faisaient des erreurs, les aînés n’hésitaient pas à leur parler et à
leur donner des conseils.