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Légendes

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Introduction
Cette section a d’abord été rassemblée par Alexina Kublu d’après les légendes que son père lui racontait de son vivant. Puis, elle y a également inclut « la légende des ours de la terre racontée à Marie Lucie Uvilluq par son père, Georges Agiaq Kappianaq, la légende de Taliillajuut racontée à Maaki Kakkik par sa grand-mère, Miali Tuttu, et lumaaju, une légende raconté à Tapia Keenainak par un aîné. » (Page 171).

Celle qui ne veut jamais se marier
Il s’agit ici du récit en trois temps d’une jeune fille du nom d’Unigumasuituq, qui ne voulait pas prendre mari. Elle sera d’abord mariée par son père à un chien dont les enfants deviendront les indiens, les qualunaat et les ijirait. Puis, après avoir été mariée à un fulmar et enlevée par son père, elle se transformera en créatrice et protectrice des animaux marins. Enfin, elle deviendra Takanaalu (l’horrible femme au fond là-bas) qui retient les animaux marins dans ses cheveux quand elle est contrariée.

Le frère reçoit la vue d’un huard
Taqqiq, un jeune homme aveugle, habitait avec sa sœur Siqiniq et leur marâtre. Leur père était mort durant l’hiver. Un jour, alors qu’un ours polaire rôdait dans le coin, la marâtre attrapa l’arc et installa Taqqiq pour qu’il tue l’animal. C’est ce qu’il fit, mais la marâtre lui fit croire qu’il avait frappé la fenêtre avec sa flèche. Elle dépeça l’animal et, au lieu de lui servir la viande de l’ours, elle tua le chien de ce dernier pour le lui faire manger. Et un jour, alors que les glaces avaient libéré le lac, Taqqiq se rendît au bord de l’eau avec sa sœur qui s’en retourna aussitôt. Un huard apparut alors à Taqqiq, et lui demanda de monter sur son dos. Après avoir plongé sous l’eau avec le huard, Taqqiq retrouva la vue.

La marâtre devient un narval
C’était l’époque de la chasse à la baleine. Le frère harponnait les jeunes baleines et utilisait sa sœur comme lest. Puis un jour, la marâtre lui dit de l’utiliser, elle, comme lest, de cette façon il pourrait harponner une plus grosse baleine. C’est ce qu’il fit. Elle s’enroula la corde autour du corps, et il la serra encore d’avantage et harponna un gros mâle qui tira la marâtre par le fond où elle se transforma en narval.

Ceux qui ont les ongles longs
C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur qui rencontre des kukilingiattiat. La sœur fut presque mangée alors qu’elle était allée les voir pour aller chercher de l’eau pour son frère. Celui-ci, alerté par les cris de sa sœur, est venu à sa rescousse et tua les kukilingiattiat.

Ceux qui n’avaient pas d’anus
Cette histoire raconte l’histoire de Taqqiq et Siqiniq (frère et sœur) qui arrivent un beau jour dans un village où les gens n’avaient pas d’anus. Tous deux y ont pris femme et mari. Mais les itiqanngittut n’avaient pas d’organes génitaux non plus. Grande fut leur surprise quand Siqiniq tomba enceinte et donna naissance à un enfant de façon naturelle.

Le frère et la sœur deviennent le soleil et la lune
Mise à l’écart, suite à son accouchement, Siqiniq se fait agresser dans son iglu le soir. Usant de ruse, elle découvre que c’est son frère qui l’abuse ainsi. Elle se coupe donc les seins et les lui donne. Celui-ci sort à l’extérieur et court autour de l’iglu poursuivi par sa sœur. Depuis ce temps, Siqiniq (le soleil) poursuit Taqqiq (la lune) dans le ciel.

Pourquoi les igluit ne se déplacent plus
Il y a longtemps, les gens ne voyageaient pas avec leurs chiens mais bien avec leurs igluit. De cette façon, ils pouvaient apporter avec eux toutes leurs affaires. Ils s’installaient sur la plate forme et l’iglu prenait son envol lors de leur sommeil. Une fois en vol, le sol de l’iglu se détachait et tombait. Et un jour, un enfant est tombé et est mort. Alors un chaman a fait en sorte que les igluit ne puissent plus voler.

Où est ma chère petite-fille?
Il s’agit ici de l’histoire d’une petite-fille qui disparaît subitement. Sa grand-mère, prise de panique, cherche partout dans l’iglu en pleurant sa petite fille. Puis, ne l’ayant pas trouvée, elle chausse ses kamiik et sort la chercher à l’extérieur. Elle chercha si longtemps et pleura tellement qu’elle finit par se changer en perdrix des neiges.

Les œufs de la terre
Il y a deux sortes d’œufs. Il y a les œufs d’oiseaux et les œufs qui poussent dans la terre. Ces œufs, à l’éclosion, vont donner des animaux comme le caribou ou l’ours polaire. On retrouve même de ces œufs dans la mer, qui donneront des phoques barbus. Chose étonnante, les animaux qui naissent de ces œufs sont plus grands que nature et on ne doit pas les chasser.

Les gens de la mer
Les Taliilajuut, que l’on pourrait appeler sirènes du Nord, sont des êtres à allure humaine vivant au fond l’eau, comme les poissons. Miali raconte à sa petite fille Maaki qu’il faut prendre grand soin d’eux et que si jamais on en voit un échoué sur la plage à marée basse, il faut tout de suite le remettre à l’eau. Car le Talilajuuq peut aider un chasseur s’il tombe à l’eau et le sauver.

Lumaaju
Lumaaju est la légende de ce garçon aveugle qui retrouve la vue grâce aux huards. À la différence qu’ici, au lieu de plonger dans l’eau, le huard lui lèche les yeux. Une fois qu’il retrouve la vue, le jeune homme part à la chasse à la baleine avec sa sœur et sa mère. Il harponne un gros beluga et fixe le bout de la corde autour de la taille de sa mère qui est amenée par le fond. Et chaque fois que la baleine fait surface, la veille crie : « Lumaq ».