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Parc national d'assuituq. Environs de Broughton Isalnd.

Fonte de la banquise dans les environs de Broughton Isalnd.

LES SOLDATS NOIRS

Citation :
Martha Michael

"C’est la GRC qui nous l’a annoncé. Nous étions de jeunes filles à l’époque. Nous avons appris que des soldats noirs allaient venir ici pour construire la piste. Les Inuits qui vivaient alors à Iqaluit ont été déménagés sur une île appelée Ukaliqtulik; tous les Inuits ont déménagé là-bas."
Présentation :
Dans le chapitre IX, les aînés nous parlent de l’arrivée de soldats afro-américains, qui a poussé les autorités à déplacer le camp inuit sur une île et à interdire les contacts entre les deux groupes. Les aînés nous mentionnent plusieurs motifs. Selon Elijah Pudlu, les agents de la GRC ont demandé aux Inuits de déménager à Ukaliqtulik pour l’été, car ils disaient que les soldats noirs couraient les femmes. Kanaju Ipeelie mentionne des motifs sanitaires ; Simonie Michael indique que la GRC croyait que les soldats noirs et les qallunaat allaient déranger les Inuits, et ajoute que les Inuits à l’époque obéissaient à la GRC. Josie Itiitiq mentionne que les gens ont peut-être déménagé parce qu’ils avaient peur, mais elle ajoute que les soldats noirs étaient inoffensifs. Des aînés racontent que les hommes qui étaient employés par les Américains allaient travailler en qajaq, et Kanaju Ipeelie mentionne que les militaires venaient chercher les hommes qui travaillaient à la base. Simonie Michael indique qu’il n’y avait pas beaucoup d’Inuits à cette époque à Iqaluit. Akisu Joamie nous raconte que, après avoir séjourné sur l’île, les Inuits sont repartis pour leurs camps d’hiver, mais que ceux dont le camp était trop éloigné n’ont pas réussi à s’y rendre et ont dû passer l’hiver en chemin, car l’hiver avait été précoce. Martha Tikivik nous dit qu’à l’époque les femmes allaient peu en ville, car elles ne travaillaient pas. Elle ajoute qu’elles ne pouvaient pas s’approcher des Américains, car il n’y avait que des hommes. Saami Qaumagiaq nous parle de sa famille, qui était dispersée un peu partout. Son grand-père n’aimait pas vivre aux endroits où il y avait des qallunaat, car il préférait habiter là où il y avait du gibier. Martha Michael nous raconte que, cet été-là, il ne restait plus un Inuit à Iqaluit. La GRC leur avait dit que les Noirs étaient indisciplinés, que les femmes devaient les craindre et que celles-ci étaient interdites à Iqaluit. Selon elle, c’est à ce moment que les Inuits ont commencé à perdre leur autonomie. Elle raconte un incident qui a ébranlé la communauté et elle attribue cet accident au déménagement sur l’île. Simonie Michael, Saami Qaumagiaq et Bill MacKenzie nous parlent de Lionel Jones, un ancien militaire canadien qui était venu travailler au réseau DEW et à la ligne Mid-Canada, et qui s’est finalement établi à Iqaluit.