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Les tuurngait

Citation :
Felix Pisuk
Un tuurngaq qui veut se rendre utile peut vous réveiller. Malheureusement, je ne sais pas trop comment l’expliquer. Certains tuurngait sont capables de vous réveiller. À l’époque, nous n’avions ni téléphone, ni radio bidirectionnelle. Les tuurngait étaient capables de nous indiquer où trouver du gibier. J’ai déjà parlé des petits arcs-en-ciel que je voyais en rêve. Je ne suis pas sûr si je dois cette faculté à Nagjuk ou à ma grand-mère. Je ne fais plus ce rêve aujourd’hui, parce que la vie est plus facile. Nous avons des moteurs hors-bord, des Honda, des skidoos; par conséquent, nous n’avons plus besoin de faire appel à certaines des choses qui nous étaient utiles à l’époque.
Présentation :
Ce chapitre aborde la question des tuurngait. On distingue d’abord le tarniq, l’âme ou l’essence divine de l’être humain, qui lui survit, du tuurngaq, l’esprit adjuvant des angakkuit. Sans ses tuurngait, l’angakkuq est impuissant. S’il doit tirer ses pouvoirs de tuurngait, ceux-ci peuvent être n’importe quoi : objets magiques, animaux ou âmes des défunts dont les tarniit sont restés sur terre. L’angakkuq utilise le rituel du sakaniq pour appeler ses tuurngait, qui portent chacun un nom. Les enfants qui imitent les gestes et les paroles de ce rituel peuvent eux aussi en attirer par mégarde. C’est ce qui est arrivé à Agiaq, vers l’âge de cinq ans. Cette rencontre avec un tuurngaq l’a terrorisé, le laissant paralysé d’un côté du corps, jusqu’à ce que son grand-père, un angakkuq, vienne à son secours.

Les angakkuit portaient à leur ceinture des qalugiujait, des colifichets que les gens offraient en hommage aux tuurngait de l’angakkuq. Ces objets faits à la main entretenaient un lien avec les tuurngait et les pouvoirs de l’angakkuq.

Il y a de bons et de méchants tuurngait. Ces derniers deviennent méchants après que leur maître leur ait demandé d’accomplir une mauvaise action. Un angakkuq pouvait se servir de ses tuurngait pour attaquer les gens. Celui qui a attaqué Agiaq le faisait sur l’ordre d’un angakkuq qui souhaitait voler sa vitalité afin de se remettre d’une maladie. Les tuurngait étaient plus actifs la nuit que le jour. Certains pouvaient rendre les dormeurs malades, mais d’autres étaient gentils et serviables.