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La mort, les pratiques d’inhumation et le rôle des rêves dans le choix des prénoms

Citation :
George Agiaq Kappianaq,
Si une personne décédée s’adresse à vous dans un rêve et vous dit qu’elle a soif, c’est qu’elle veut que l’on donne son nom à quelqu’un. Si son nom est transmis, elle pourra continuer à boire, à étancher sa soif. Encore aujourd’hui, nous gardons cette coutume qui consiste à donner aux nouveaux-nés le nom des défunts qui souhaitent transmettre leur nom.
Présentation :
Ce chapitre se divise en trois sous-chapitres. D’abord, dans « La mort », Ka&&ak et Agiaq racontent qu’avant l’arrivée du christianisme, on plaçait le corps du défunt sur le sol (impossible de creuser une tombe dans le sol gelé) et on l’entourait de pierres ou de blocs de glace, pour le protéger des animaux. Si le défunt avait mené une bonne vie, son tarniq montait au Ciel. Dans le cas contraire, il « descendait dans les profondeurs ». Pisuk abonde dans le même sens. Il croit qu’il existait déjà un Ciel avant l’arrivée du christianisme, même si ce ciel était moins « brillant » que celui des chrétiens. Il raconte d’ailleurs une vision qui illustre cette idée.

Dans la partie intitulée « Les pratiques d’inhumation », nos anciens donnent plus de détails sur ces tombes de pierre ou de glace. Elles étaient ornées d’objets ayant appartenu au défunt. Il ne fallait pas s’approprier un objet laissé sur une tombe, à moins d’y mettre autre chose en échange. Pisuk raconte une anecdote où, passant près d’une sépulture, son père prit une crosse de fusil, offrit une cigarette en échange et lui donna l’objet ainsi échangé. Il dit avoir encore cette crosse en sa possession.

La dernière partie du chapitre (et aussi la plus longue) porte sur le rôle des rêves dans le choix des prénoms, un sujet brièvement abordé au premier chapitre. Rêver d’un défunt qui a soif veut dire que le tarniq de cette personne souhaite transmettre son nom à un nouveau-né afin de demeurer près du rêveur. C’est une marque d’affection; le tarniq s’est attaché au rêveur. Une fois le nom transmis, le tarniq s’apaise. Agiaq et Pisuk rejettent tous deux l’idée de la réincarnation dans un nouveau-né; la transmission du nom peut faire en sorte que l’on parle parfois au bébé comme s’il était le défunt, mais les choses s’arrêtent là. L’enfant n’est pas le défunt. En aparté, Ka&&ak et Pisuk signalent qu’il est dangereux d’être trop dévot dans la religion catholique. Pisuk affirme que des prêtres catholiques l’ont averti de ne pas être trop dévot. Ka&&ak explique même que Dieu vient chercher les dévots avant qu’ils ne commettent un péché par excès.