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Performances chamaniques et rituels

Citation :
Mariano Aupilaarjuk
Les angakkuit n’étaient pas les seuls à exécuter le qilaniq. N’importe qui pouvait le faire. Je pense que l’un d’entre vous pourrait le faire. Ce n’est pas un péché ni un acte maléfique. Nous n’essayons pas de vous faire faire quelque chose qui relève du mal. Je ne suis pas un angakkuq. Je veux être très clair à ce propos. Ceci n’est qu’une démonstration. Je vous en prie, comprenez bien que je ne suis pas un angakkuq. Je suis chrétien. Mais je vais vous faire une démonstration exacte d’un rituel de qilaniq. Avec cette démonstration je vais essayer de vous montrer quelque chose à propos de la culture inuit. Puisque nous parlons de chamanisme, je veux que vous sachiez que le rituel du qilaniq n’était pas exécuté seulement par les angakkuit, mais certains angakkuit le faisaient très bien. Je ne vais pas vraiment exécuter un qilaniq mais je vais vous montrer comment ça se faisait. Si j’exécutais réellement un qilaniq, je pourrais découvrir des choses à votre sujet, même si vous ne vouliez pas que ces choses soient rendues publiques. Je vais utiliser les mots que les angakkuit utilisaient. Je vais utiliser le langage du tuurngaq pour cette démonstration. Ceux qui étaient très bons pour exécuter ce rituel pouvaient le faire en n’utilisant qu’un simple petit caillou. Je vais utiliser une personne. Moi-même, j’ai déjà été utilisé comme objet par un angakkuq qui exécutait ce rituel. Ce rituel était exécuté par les angakkuit et par les non-angakkuit. Je pense que l’un de vous pourrait le faire. Ce n’était pas fait de façon frivole.
Présentation :
Les angakkuit devaient encore pêcher et chasser, et prendre soin de leurs familles, tout en consacrant une grande partie de leur temps aux requêtes de leurs familles et de la communauté. Un rituel connu de tous était le qilaniq, un rituel de divination utilitaire, qui pouvait être pratiqué par n’importe qui. On avait besoin d’un morceau de cuir et d’un objet quelconque. L’esprit rentrait dans l’objet, le rendant soit plus lourd, soit plus léger, selon les questions posées. Ce rituel pouvait être utilisé, par exemple, pour trouver la cause de la souffrance de la communauté. De vraies performances chamaniques impliquaient toutefois le sakaniq et le tuurnginiq, et pouvaient êtres privées ou publiques. Pendant une période de famine, le chaman pouvait se poignarder, dans le but d’imiter et d’attirer les animaux. Nutaraaluk et Aupilaarjuk ont tous deux souligné les aspects utiles du chamanisme. Les grands chamans pouvaient voler à travers les airs vers d’autres communautés, ilimmaqtuqtuq; voyager vers les abords des cieux, pavungaaqtuq; et descendre aux enfers, nakkanniq. Les angakkuit organisaient des festins et des rituels saisonniers, par exemple pour le solstice d’hiver. Ils canalisaient les mauvais sentiments et pensées de la communauté, aidant ainsi les gens à suivre le chemin du soleil afin d’éviter le danger et la maladie.