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Pupilles de l’État

Citation :
John Amagoalik

Pour revenir à l’Arctique isolée, c’est vers le début des années 1960 que nous avons commencé à nous rendre compte que nous étions devenus impuissants dans nos propres terres ancestrales. Nous étions devenus des non-citoyens dans notre propre pays. Nos droits fondamentaux étaient niés et violés. Certaines lois, comme la réglementation de la chasse au gibier, nous ont été imposées directement. Nous n’avons jamais eu de discussion préliminaire au sujet des règlements sur la chasse au gibier, des quotas ni rien de cela. Le Canada avait déjà adopté la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, il y avait donc des lois internationales qu’il devait respecter et faire appliquer. Les lois étaient déjà en place. Nous avons pris conscience de l’existence de ces lois seulement au moment où nous avons commencé à les enfreindre. Il est évident que la mise en œuvre de lois sur la chasse au gibier, du système de justice et du système d’éducation nous a fait réellement perdre la maîtrise de nos vies. C’est à ce moment que nous avons constaté notre réelle impuissance.
Présentation :
Dans le chapitre deux, John parle de la situation des Inuit dans les années 1960, qui étaient sous la tutelle du gouvernement, ainsi que de la façon dont la Compagnie de la Baie d’Hudson et les missionnaires les traitaient. Il nous parle d’autres expériences de relocalisation qui ont eu lieu. Il rappelle que les Inuit n’avaient alors aucune voix au chapitre et que tout leur était imposé par les qallunaat : établissement du système de justice des Blancs, imposition de lois par le gouvernement, obligation pour les enfants d’aller à l’école et interdiction d’y parler inuktitut, exploitation du territoire par les sociétés pétrolières et gazières.

Il mentionne le système d’attribution des noms comme exemple des nombreuses traditions inuit encore vivantes aujourd’hui. Il revient sur la question du déménagement et souligne le rôle de son père dans la conscientisation des gens de la communauté.

En outre, John évoque la couverture médiatique de ce drame. Il parle de l’élection du premier député fédéral inuk et des premières personnes à avoir pressé le gouvernement à examiner le dossier et à négocier une entente. Cependant, le dossier n’est toujours pas clos, le gouvernement n’ayant toujours pas accepté de présenter ses excuses aux personnes déplacées.

John raconte la prise de conscience par les Inuit de leur impuissance, dans les années 1960, inspirée par la révolution culturelle du monde occidental. Il nous parle de la première école de Resolute Bay et du désir des jeunes Inuit de la fréquenter, malgré les difficultés d’accès. Il nous raconte sa vie à l’école de Churchill, nous parle des gens qu’il y a rencontrés et évoque les effets négatifs du pensionnat sur la vie familiale et communautaire des Inuit. Il évoque son retour à l’école secondaire en 1970, puis de son premier emploi pour le gouvernement territorial.