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Respect des animaux sauvages

Citation :
Mariano Aupilaarjuk
On nous a toujours dit de ne pas abuser des animaux sauvages pour que nos enfants aient une bonne vie. On nous l’a répété maintes fois. On nous a dit de craindre que quelque chose de terrible allait nous arriver si nous maltraitions les animaux. On nous a dit de bien nous occuper des animaux sauvages sur notre terre. Les caribous et les baleines beluga existent en grandes quantités. Parfois, il y en avait tellement que nous ne savions pas comment faire pour en tuer un grand nombre. Mais maintenant, en hiver, on utilise des motos-neige et on les tue au fusil, et ensuite les carcasses gèlent. Il y a des gens qui ne prennent que la partie arrière de l’animal. Parfois, les gens ne prennent que la langue de certains caribous et abandonnent le reste de la carcasse. Ce n’est pas beau à voir. C’est quelque chose que nous, les aînés, nous n’aimons pas voir. Ce n’est pas une chose à laquelle les Inuit viennent juste de penser. Dans le passé, les Inuit se préparaient pour l’avenir. Parce que nous ne voulions pas traverser de périodes difficiles, on nous disait de ne pas tuer les animaux pour le simple plaisir de les tuer. (Page 38)
Présentation :
Le respect des animaux sauvages est un trait marquant de la culture inuit
qui a toujours existé, tant dans le passé qu’aujourd’hui. En fait, on peut
dire que ce respect est situé au centre des tiriguusiit, des maligait et des
piqujait. Bien qu’on ne croie plus aujourd’hui que le gibier ait un inua, un esprit,
on croit que les animaux sont conscients de la manière dont on les traite. Si le
gibier n’est pas respecté, il va se venger du chasseur ou même de toute la
communauté. Dans le passé, cela pouvait signifier la famine. Aujourd’hui, on
souligne l’importance de la gestion des animaux sauvages. Le respect des
animaux sauvages joue un rôle important quand les anciennes traditions et les
nouvelles entrent en conflit. Les qallunaat ne sont souvent pas suffisamment
conscients de l’effet que le respect des animaux sauvages peut avoir sur les
interactions entre Inuit et qallunaat. Imaruittuq explique : « Quand on a
commencé à s’intéresser aux revendications territoriales, il a fallu parler des
animaux sauvages. Cela a créé beaucoup de crainte parmi les aînés. Ils nous
disaient de ne pas nous quereller à propos des animaux parce que c’était très
dangereux. Nous leur avons expliqué que nous devions nous quereller à
propos des animaux parce que nous étions en train de négocier avec les
qallunaat et que c’était une technique des qallunaat. Nous avons expliqué que
nous étions en train de négocier légitimement à propos du gibier. C’est un
piqujaq auquel nous devons obéir. Nous ne devons pas nous quereller à propos
des animaux sinon ceux-ci vont se venger. » Le respect des animaux sauvages
implique que les gens ne tuent pas pour le plaisir. Aupilaarjuk explique :
« Dans le passé, les Inuit se préparaient pour l’avenir. Parce que nous ne
voulions pas traverser de périodes difficiles, on nous disait de ne pas tuer
d’animaux pour le simple plaisir de les tuer. »