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Photo Inuit Children and Dog

Photo Mâchant de la peau de phoque, Dorset 1951

Photo Atootoo, Cape Dorset

Saullu Nakasuk

Citation :
Saullu Nakasuk
Mais [les femmes] accouchent n’importe quand, quelle que soit l’heure, tôt le matin ou pendant la journée, n’importe quand. Les gens venaient nous chercher pour aller faire un accouchement même pendant la nuit. On n’avait pas le téléphone, alors ils venaient simplement nous chercher. On s’habillait en vitesse. Quand ma jeune sœur était sur le point d’accoucher, je ne dormais pas bien. Je savais qu’ils allaient venir me chercher quand elle serait prête à accoucher. Je m’étais même gardée de couper l’ongle de mon majeur. C’était la seule chose que j’utilisais pour briser la poche des eaux. Je gardais toujours cet ongle assez long parce que c’était la seule chose avec laquelle je perçais la poche des eaux. Il y en a [des poches] qui sont épaisses, d’autres qui sont minces. C’est pour ça que l’accouchement prend si longtemps. Une fois que la poche est percée, le bébé sort.
(Pages 87-88)
Présentation :
Saullu Nakasuk
Saullu Nakasuk est née en 1926 à Uummanarjuq. Son grand-père paternel, un dénommé Jason, était un qallunaat, tout probablement écossais. Elle accoucha douze fois au cours de sa vie et adopta trois enfants.

Sage-femme d’expérience, Saullu répondit avec enthousiasme aux nombreuses questions des étudiantes. Elle apprit son rôle de sage femme par l’observation comme le veut la tradition inuit. « Avant d’arriver à l’âge adulte, j’ai assisté à des accouchements. Je ne pensais pas que j’apprenais quoi que ce soit. Mais c’est comme ça que j’ai appris. » (Page 84).

Saullu trace un portrait réaliste de la vie d’une femme dans ce pays difficile. Elle évoque les tabous, les accouchements, la maladie, et les multiples difficultés de la vie quotidienne dans les campements.