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Parc national d'assuituq. Environs de Broughton Isalnd.

Sur les rives de la baie d'Ungava, au sud de Killiniq.

Suicide

Citation :
George Agiaq Kappianaq,
Vous nous avez interrogés sur le suicide. Le suicide n’est rien de neuf. Ma mère me parlait de gens qui s’étaient étranglés. La grand-mère de Johnny s’est tuée ainsi. Je vous ai parlé de l’homme qui s’est fait sauter la cervelle. Et le mari d’Attaqtaaq s’était pendu. Je ne peux vous raconter tous les détails, mais le suicide n’est pas un phénomène récent. Les gens se suicidaient à l’époque. Par exemple, il y avait des gens malades qui ne voulaient plus souffrir et mettaient fin à leurs jours. Aujourd’hui, on s’émeut du nombre de suicides, mais ce n’est pas un nouveau phénomène.
Présentation :
Étant donné la triste importance qu’a acquis le suicide dans les communautés inuit au cours des dernières années, les étudiants veulent connaître l’importance que ce phénomène avait avant. Si Ka&&ak n’a jamais entendu parler de suicides avant l’arrivée des Blancs, Pisuk et Agiaq connaissent quelques cas. Ce dernier souligne d’ailleurs que, si on s’émeut du nombre de suicides aujourd’hui, le phénomène n’est pas nouveau.

Les trois aînés racontent divers cas de suicide ayant eu pour but de mettre fin au désespoir amoureux, à la maladie ou à la honte. Dans ce dernier cas, Pisuk raconte l’histoire d’Ujarasugjuk, confronté devant sa famille par un angakkuq au viol de sa bru. Après avoir admis l’affaire, l’homme se suicida dans la nuit.

Les étudiants remarquent qu’Agiaq semble mal à l’aise avec le sujet du suicide. On apprend que l’un de ses arrière-petits-enfants s’est suicidé. C’est un acte qui le bouleverse et contre lequel il se sent impuissant. Les gens qui parlent de se suicider sont moins enclins à passer à l’acte, mais il n’y a aucun moyen d’aider ceux qui n’en parlent pas.

Les étudiants essaient de rattacher le suicide au rêve dans lequel un défunt invite la personne à le suivre dans l’au-delà. Les trois anciens ne connaissent aucun cas de ce genre et rejettent ce lien possible. Ka&&ak souligne que les parents qui meurent souhaitent voir leurs enfants vivre longtemps; il serait insensé que leurs tarniit les visitent en rêve pour les inciter au suicide. Au contraire, Agiaq raconte avoir rêvé à sa femme après sa mort; celle-ci ne voulait pas qu’il la touche, lui interdisant du fait de venir la rejoindre.