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Tirigusuusiit et maligait

Citation :
Mariano Aupilaarjuk
Les tirigusungniit sont les règles qui se rapportent au pittailiniq, ce sont les choses qu’il faut s’abstenir de faire. Les maligait sont les choses qu’il faut faire. Dans le temps, on n’employait pas le mot maligaq, mais il y avait une manière particulière de faire les choses qui devait être observée. Les deux choses ne sont pas exactement identiques, mais il y a des rapports entre elles. Pour obéir à un pittailiniq, il fallait qu’on tirigusuk, qu’on s’abstienne de faire certaines choses. Si je n’avais pas observé le tirigusungniq, j’aurais fait quelque chose de mal parce que j’aurais enfreint le maligaq qui se rapportait au pittailiniq. Quand une femme tombait enceinte, un maligaq qu’elle devait observer était de mettre immédiatement ses kamiik, ses bottes, et de sortir dehors. Son mari devait faire la même chose. (Page 18)
Présentation :
Mariano Aupilaarjuk
Aupilaarjuk présente les notions de tirigusuusiit, les choses qu’il fallait éviter, les maligait, les règles qu’il fallait suivre, et les piqujait, les choses qu’il fallait faire, et il les compare au droit et à la justice moderne. Il explique les traditions et il les compare à ce que nous faisons aujourd’hui, mais il met l’accent sur les traditions inuit. Aupilaarjuk déclare : « Que les gens enfreignent les lois des qallunaat ou les maligait des Inuit, les conséquences sont les mêmes. » Les aînés ont répété à maintes reprises qu’ils étaient convaincus que ceux qui enfreignaient les tirigusuusiit, les maligait et les piqujait allaient avoir une vie plus courte. La discussion passe rapidement au rôle de l’angakkuq. Une fois que les gens avaient transgressé les tirigusuusiit, les maligait et les piqujait, les relations sociales et cosmiques étaient mises à l’épreuve et il fallait parfois demander l’intervention de l’angakkuq pour redresser la situation.

Il existait plusieurs formes de chamanisme, comme l’explique Aupilaarjuk. Certaines étaient bonnes, d’autres étaient mauvaises. Dans le passé, les Inuit s’occupaient eux-mêmes des délits. Aujourd’hui, le
problème consiste à conserver les aspects des vieilles traditions qui peuvent être applicables à la société moderne. Aupilaarjuk déclare : « Quand je pense à ça, je me demande comment nous pouvons résoudre le problème. J’aimerais pouvoir examiner les maligait inuit que nous avions dans le passé et les
comparer aux lois que nous avons aujourd’hui, afin de créer de meilleures lois pour l’avenir. »