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Parc national d'assuituq. Environs de Broughton Isalnd.

Sur les rives de la baie d'Ungava, au sud de Killiniq.

VIVRE À PROXIMITÉ D’UNE BASE AÉRIENNE : RELATIONS AVEC LES MILITAIRES

Citation :
Iqaluk Ipeelee

"Peut-être que [les agents de la GRC] étaient là pour s’assurer qu’il n’y avait pas de relations entre les Inuits et les qallunaat. On peut présumer que c’était la raison de leur présence. […] Peut-être qu’ils étaient là pour monter la garde au nom du gouvernement canadien, car nous faisons partie du Canada."
Présentation :
Dans le chapitre VII, les aînés se rappellent la vie près de la base de Frobisher Bay et les relations entre les Inuits et les militaires. Pallu Nowdlak et Jayko Pitseolak se souviennent qu’ils avaient peur des policiers, car leur mère leur disait qu’ils seraient arrêtés s’ils n’écoutaient pas. Selon Iqaluk Ipeelie, les agents de la GRC étaient probablement présents pour monter la garde au nom du gouvernement canadien ou pour s’assurer qu’il n’y avait pas de relations entre les Inuits et les qallunaat. Cependant, selon Pallu Nowdlak, les Inuits étaient libres de rendre visite aux Américains et seules les femmes ne pouvaient aller à la base. Inuapik Saagiaqtuq ajoute que les Américains n’étaient pas autorisés à rendre visite aux Inuits la nuit. Les aînés se souviennent des divertissements offerts à la base : le cinéma, les célébrations de Noël, les spectacles de danseuses, la musique. Sammy Tikivik nous parle du magasin de la base américaine, où tout était bon marché. Uqi Kunuk mentionne que les médecins faisaient des visites à domicile. Kanaju Ipeelie raconte que les Inuits n’avaient pas beaucoup de contacts avec les Américains, mais que ceux-ci allaient parfois à leurs tentes et leur donnaient des choses. Toutefois, Simonie Michael mentionne que les Américains qui voulaient se rendre au village inuit pour prendre des photos devaient être accompagnés par des policiers ; Josie Itiitiq se souvient que les Américains se promenaient beaucoup le dimanche et prenaient des photos. Des aînés nous parlent du dépotoir, où les Américains jetaient toutes sortes de choses, de la nourriture, des conserves, des vêtements, des tasses et des récipients. Les Inuits s’y rendaient et prenaient ce qu’ils voulaient. Akisu Joamie fait remarquer que les Américains avaient trouvé cette façon d’aider les Inuits lorsque les contacts entre eux ont été interdits. Inuapik Saagiaqtuq souligne que les qallunaat de nos jours ne sont plus aussi généreux. Elijah Pudlu mentionne que les Inuits à cette époque portaient peu de vêtements traditionnels, sauf les enfants, car les Américains n’avaient que des vêtements pour adultes. Uqi Kunuk ajoute que certains achetaient leurs vêtements à la CBH, mais d’autres les obtenaient des Américains, directement ou au dépotoir. Elijah Mike se souvient des exercices militaires des Américains. Pallu Nowdlak nous raconte également que les militaires faisaient des exercices de tir sur des petits ballons. Il se rappelle que les Américains étaient toujours armés et qu’il avait peur d’eux. Il n’était pas le seul, Sammy Tikivik les craignait également. Inuapik Saagiaqtuq se souvient des ballons que les Américains lançaient dans les airs et qui servaient à capter des signaux.