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Parc national d'assuituq. Environs de Broughton Isalnd.

Caribous dans la vallée de la rivière Koroc, dans les Monts Torngat.

Voyage astral (sakaniq, nakkaaniq, illimmaqturniq et ikiaqqiniq) et voyage physique (qiluriaqsiurniq)

Citation :
Felix Pisuk
Je n’ai jamais vu quelqu’un ilimmaqtuqtuq, je ne peux donc pas vous dire grand-chose sur le sujet. Mon oncle disait que lorsqu’ils ilimmaqtuqtuq, ils avaient les orteils noués à une corde et les mains attachées derrière le dos. C’est ce qu’on m’a raconté. Les manières de faire sont différentes d’une communauté à l’autre. L’angakkuq prononçait « Halalala, Halalala », on entendait le bruit de quelque chose qui casse et l’angakkuq sautait dans les airs. Tout ce qui restait, c’était les cordes qui le retenaient. Parfois, ces cordes retombaient en prenant la forme d’une balle ou d’un ours. Le manteau intérieur de l’angakkuq, qui était sous lui, s’élevait au-dessus de lui. Il n’y avait personne dans l’atigi; le manteau flottait dans les airs. C’est ce que m’a raconté mon oncle. Je vous raconte ce qu’on m’a raconté, pas ce que j’ai vu moi-même. Je n’ai donc rien à ajouter sur ce sujet.
Présentation :
Ce chapitre se penche principalement sur divers concepts liés aux pouvoirs de déplacement des angakkuit. L’angakkuq pouvait faire voyager son esprit hors de son corps. Ses tuurngait emportaient alors son tarniq, pendant que le corps restait à l’abri dans l’iglu. Ikiaqqiniq désigne le fait de voler « entre ciel et terre » pour se rendre dans un autre campement ou village, habituellement pour y secourir les malades ou les nécessiteux. Si les tuurngaq emportent le tarniq dans les profondeurs de la terre où, dit-on, se trouve une autre dimension, on parle de nakkaaniq. Le tarniq s’élève dans les cieux? On dit alors illimmaqturniq. Qiluriaqsiurniq fait référence à un pouvoir différent qui permettait aux angakkuit de parcourir physiquement de grandes distances en très peu de temps. L’angakkuq plisse le sol pour marcher plus rapidement. Ce type de voyage se faisait toujours à pied, mais il fallait l’utiliser avec parcimonie, puisqu’il pouvait, à la longue, entraîner des difficultés à marcher normalement.

Pour quitter son corps, l’angakkuq accomplissait un rituel, le sakaniq, derrière un écran. Son corps s’évanouissait alors, inerte, pendant que son tarniq voyageait. À son retour, le tarniq grimpait sur le genou du corps, puis réintégrait celui-ci. Certains angakkuit très puissants auraient été capables de voler avec leur corps. Pisuk et Ka&&ak racontent à nouveau la légende de Qimuksiraaq et Qijuk se rencontrant en plein vol. Le sakaniq servait aussi de prélude au combat entre un angakkuq et un tuurngaq malveillant.

Les enfants faisaient parfois semblant d’accomplir le sakaniq. C’est dans ces circonstances qu’Agiaq a vu un tuurngaq pour la première fois. Pisuk raconte à ce sujet la légende d’Anautalik, qui servait à convaincre les enfants de ne pas imiter le sakaniq, les tuurngait n’aimant pas que l’on se moque d’eux. En poursuivant sur le sujet des jeux d’enfants, les étudiants interrogent Agiaq sur l’avaniq, qui consiste à simuler l’étranglement pour provoquer l’euphorie. Agiaq s’est déjà adonné à cette activité dangereuse, jusqu’à ce que sa mère le gronde sévèrement. Parmi les jeux plus sains en vogue pendant la jeunesse de nos anciens, on trouve le kickball, les jeux de balle et les cailloux.